« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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jeudi 30 mars 2017

Parution de l'ouvrage Le manuscrit oublié d'Octave Uzanne, Les relieurs français au 18e siècle, aux éditions Ipagine

Amis Bibliophiles bonjour,

J'ai eu l'occasion d'en parler ici ou là, mais il est temps de le confirmer officiellement, mon ouvrage Le manuscrit oublié d'Octave Uzanne va bientôt paraître aux éditions Ipagine.



C'est l'aboutissement d'un long travail de préparation, mené en parallèle du blog, que je suis très heureux de partager avec vous aujourd'hui. 

Cette aventure a démarré lorsque lors de recherches sur Octave Uzanne, j'ai découvert la trace d'un ouvrage qu'il avait écrit spécialement pour la société de bibliophiles américain le Caxton Club. Cet ouvrage était bien paru en 1904 sous le titre The French Bookbinders of the eightenth century, mais le texte en français avait été perdu et, de fait, jamais publié dans notre langue. 
J'avais eu l'occasion d'en parler ici: 

Après avoir retrouvé l'ouvrage écrit pour le Caxton - ce qui était simple -, j'ai remonté le fil en retrouvant un tapuscrit, annoté par Uzanne, puis le manuscrit original d'Uzanne, en français. C'est cet ensemble que je vous livre aujourd'hui, agrémenté d'un petit appareil critique que j'ai commis. Nicolas Malais, ami, libraire ancien, fin connaisseur d'Octave Uzanne et historien du livre, me fait l'honneur d'écrire un avant-propos dans lequel vous retrouverez avec plaisir sa plume délicate et son érudition.

Je précise que je ne vous livre pas dans cet ouvrage le travail d'un spécialiste du livre, d'un historien du livre, mais simplement d'un amoureux du livre qui souhaite partager cette découverte.

Il ne s'agît pas d'un reprint d'un ouvrage d'Uzanne déjà paru en français, comme on a pu le voir parfois, mais bien d'un ouvrage totalement inédit et qui donne un éclairage extraordinaire sur la reliure des XVIIe et XVIIIe siècles du point de vue de l'auteur. C'est vraiment passionnant et très agréable à lire.

L'ouvrage comprenant le manuscrit, le tapuscrit, le texte final et toutes les gravures est publié avec l'accord du Caxton Club. Pour respecter l'esprit de l'ouvrage original, il ne sera tiré qu'à 150 exemplaires et ne sera pas retiré. 

Pour ce qui est des informations techniques, l'ouvrage est en quadrichromie recto/verso, 256 pages, 185 x 255 mm, sur papier Munken Pure - Crème 100 gr. 

Comme je le précise ci-dessus, il contiendra toutes les images présentes dans l'ouvrage de 1904, soit 5 vignettes inspirées d'aquarelles de Paul Avril, 14 étiquettes de relieurs, et 20 planches hors-texte.



Pour vous permettre de mieux comprendre la démarche d'Uzanne pendant l'écriture, le manuscrit est présenté avec le texte final en regard.


Le hasard de mon agenda professionnel fait que je me trouve aux Etats-Unis (c'est sans doute un clin d'oeil d'Octave) au moment où l'ouvrage va paraître et je n'ai donc pas sous les yeux des images finales à vous partager, mais dès mon retour je les posterai bien sûr sur le blog.

L'ouvrage sera sans doute consultable au Salon du Grand Palais sur le stand de Nicolas Malais.

Le prix de l'ouvrage est de 120 euros. Nous avons essayé de serrer les coûts au maximum tout en vous proposant un bel ouvrage pour bibliophiles. 

Pour vous, il est de 100 euros, si vous vous présentez à la librairie de Nicolas Malais, au 1 rue de Fleurus, à Paris en vous recommandant de moi.

Vous pouvez également le commander sur ipagine.com (paypal ou virement ou chèque) au tarif préférentiel de 100 euros. Pour cela il vous suffira d'indiquer le site avec la commande: "ami de Hugues". Attention, j'aurai les noms! Sourire. 

Si le livre n'est pas encore en vente sur le site, c'est qu'il n'est pas encore totalement prêt, dans ce cas vous pouvez soit patienter un peu, soit m'envoyer un email à blog.bibliophile@gmail.com et je demanderai qu'on vous en mette un exemplaire de côté.

Le livre sera de toutes façons prêt le 13 avril, date à laquelle est prévue une petite séance de signature et une célébration à la libraire Nicolas Malais, en début de soirée. Je vous donnerai rapidement plus d'informations sur le sujet.

Voilà, tout est dit, c'est un peu étrange. J'espère que vous aimerez cet ouvrage autant que j'ai aimé cette aventure. 

H

mardi 28 mars 2017

La reliure par l'image: Les reliures aux petits fers d’Habert de Montmor

Amis Bibliophiles bonjour,

Henri-Louis Habert sieur de Montmor, né en 1600 environ, était maître des requêtes et conseiller du roi. Il occupa le 35e fauteuil de l’Académie française en 1634 lors de sa création, nommé en même temps que ses cousins Philippe Habert et Germain Habert, abbé, comte de Cérisy.
reliure maroquin aux petits fers
Catalogue vente Paul-Louis Weiller, Drouoi, 30 novembre 1998, n° 33: Emmius, Graecorum Respublicae descriptae, Elzevir, 1632.

Il tenait un salon, où il recevait les hommes de lettres (Molière, Jean Chapelain, l’abbé de Marolles, Ménage...) et encourageait les savants (Roberval, Gassendi, Rohault, Huygens, Sorbière...), dans un embryon de l’Académie des sciences, “l’Académie Montmor”. Un revers de fortune causé par la faillite de son fils le retira du monde une dizaine d’années si on en croit Ménage. Il est communément admis qu’il n’écrivit rien ce qui n’est pas tout à fait exact puisqu’il préfaça son édition des oeuvres de Pierre Gassendi (qui demeura et mourut chez lui) et composa quelques épigrammes latines et françaises et des devises.

Possesseur d’une riche bibliothèque selon Chapelain et Gui Patin, il était bibliophile et faisait relier très jeune déjà (de 1620 à 1635 environ) à son chiffre des éditions elzéviriennes, le plus souvent réglées, en reliures uniformes délicatement ornées. Ces reliures furent d’abord attribuées par Gustave Brunet et Marius Michel à Le Gascon, réalisées “de genre” Le Gascon pour Devauchelle et rendues par Raphaël Esmérian en 1972 à Macé Ruette (actif dès 1606, mort le 15 octobre 1638).

Collection Michel Wittock deuxième partie, Christie's, 8 novembre 2004, n° 41: Baudier, Induciarum belli Belgici libri tres... Elzevir, 1629

Esmérian étudia 35 de ces volumes parvenus jusqu’à nous. Son catalogue de vente en compte six. Ces charmants petits volumes en maroquin rouge présentent au centre des plats un quadrilobe mosaïqué portant le chiffre d’Habert de Montmor, HLHM et quatre fermesses dorés. Ce quadrilobe est bordé de deux filets dorés et de quatre “gerbes” dorées, le tout dans un encadrement de double filet doré droit et courbe enrichi de fleurons dorés aux angles qui peuvent varier. Le dos à cinq nerfs est orné de compartiments portant des fleurons dorés de ronds et de pointillés délimités par un double filet doré, une dentelle dorée orne les chasses, les tranches sont dorées. Les “gerbes” aux pointillés dorés font ici leur première apparition dans la reliure, elles sont appelées à un grand développement.


Exemplaire sans le chiffre et les fermesses, Valerii Maximi, Amsterdam, 1626.

Une variante de ce décor présente de petits fleurons à la place du monogramme et des fermesses sans que je puisse affirmer si la provenance est la même ou non. Le livre ici présenté possède deux fermoirs et les coupes sont ornés de petits points dorés. Je n’ai pas trouvé d’autre exemple.

Habert de Montmor est mort à Paris le 21 février 1679.

Sa bibliothèque fut vendue en 1682. Les bibliophiles de toutes époques s’enorgueillissent de posséder ses livres : Cigongne, le duc d’Aumale, Rahir, Lebeuf de Montgermont, Esmérian, Paul-Louis Weiller, Jacques Veillard, Michel Wittock...

Merci Lauverjat,

Hugues

samedi 25 mars 2017

Ebayana: sélection de livres anciens et rares sur ebay

Amis Bibliophiles bonjour,

Une sélection de livres anciens/rares à découvrir cette semaine sur ebay.

Vous en voulez plus? C'est une bonne raison de découvrir http://encheresbibliophiles.fr/ si vous ne connaissez pas encore le site.


Cliquez sur la vignette verte en haut à gauche "Les plus chers" et vous pourrez découvrir, gratuitement, les livres les plus enchéris sur ebay... Si vous manquez de temps, c'est pratique, vous laissez les autres internautes détecter les beaux livres pour vous... Il ne vous reste plus qu'à porter l'estocade :)





























jeudi 23 mars 2017

Le bibliophile est-il un collectionneur comme les autres?

Amis Bibliophiles bonjour,

Le bibliophile est-il un collectionneur?

Dans son ouvrage  "Le Collectionneur : anatomie d'une passion", le psychanalyste américain Werner Muensterberger a longuement exploré l'état d'esprit du collectionneur, en illustrant ses thèses de nombreux exemples concrets.


Selon lui, la collection, cette quête perpétuelle d'objets nouveaux, que rien ne peur rassasier, provient « d'un souvenir sensoriel – qui n'est pas immédiatement identifié – de privation, de perte ou de vulnérabilité, et d'un désir consécutif de substitution, étroitement associé à la morosité et à des tendances dépressives ».

En quelque sorte, la collection est à l’adulte, ce que le doudou serait à l’enfant, une façon inconsciente de faire face aux angoisses, à l’appréhension, à la vulnérabilité ou à la solitude. L’objet devient un talisman, une protection magique, un réconfort, qui vient remplacer la consolation ou l’attention qui ne seraient pas prodiguées…

Selon Muensterberger encore, l’acquisition et l’accumulation, caractéristiques du collectionneur, seraient une conséquence d’une phase d’individuation mal vécue. (pour Carl Jung, L'individuation est caractéristique de la seconde moitié de la vie : quand l'homme a établi sa place dans le monde une nouvelle exigence peut se faire valoir à lui : celle d'être vraiment lui-même, être ce qu'il est, tout ce qu'il est, et seulement ce qu'il est. Merci wiki pour cette définition claire). Si l’individuation se fait mal, ou incomplètement, alors l’être humain lui trouve des substituts symboliques, la collection par exemple.


Ainsi, la « collectionnite », "propre de l'homme", est présente dans toutes les sociétés et à toutes les époques (Muensterberger donne des exemples remontant à la Rome antique). Chaque enfant notamment passerait par cette phase, de façon plus ou moins prolongée, pour faire face au premier dilemme, celui de la substitution (de la mère), mais idéalement, c’est seulement une étape qui doit être transitoire.

Un autre aspect intéressant, auquel je suis confronté en direct avec ce blog (plusieurs d’entre vous m’ont fait part de leur réserve naturelle quant à échanger sur leur passion) est le suivant : si les collectionneurs aiment parfois rencontrer d’autres amateurs, ils ont beaucoup de mal à se départir d’une attitude qui consiste à considérer ces relations soit comme des « contacts », susceptibles d’être d’éventuels rabatteurs ou nouvelle source d’approvisionnement, soit comme des rivaux, soit comme des personnes devant lesquelles se mettre en valeur… et dans ces deux derniers cas, le besoin de reconnaissance fait surface…

Enfin, et comment ne pas s’y reconnaître, le psychanalyste américain détaille l’un des ressorts essentiels de la collection : le «besoin fondamental de refaire le plein, pour se sentir bien, est temporairement suspendu à une trouvaille ou une acquisition nouvelle. L'euphorie provoquée par un achat heureux se dissipe obligatoirement tôt ou tard. Une fois que l'objet a été incorporé à la collection et que la sensation affective initiale, la joie, la fierté, la nouveauté se sont émoussées, le souvenir inconscient de désirs anciens refait surface, selon le processus mental du retour du refoulé. La réalité est sans cesse mise à l'épreuve, et le sujet retrouve son impatience caractéristique jusqu'à ce qu'il découvre un nouvel objet ». Aie!

Comment, ne pas s’y reconnaître parfois…

Bien sûr, la psychanalyse n’est pas une science exacte, mais cette approche de Muensterberger présente malgré tout l’avantage de susciter la réflexion en chacun de nous… en attendant d’y trouver une réponse… Non?

Hugues

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