« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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lundi 16 janvier 2017

La couleur de l'Argent. Les prix, les bibliophiles, les libraires et les livres: où l'Argent est-il le moins cher?

Amis Bibliophiles bonjour,

L'argent est un sujet pour le bibliophile, c'est certain. La bibliophilie, si elle est cosa mentale selon le mot désormais célèbre de Pierre Bérès, peut vite tourner à l'obsession et à la bibliomanie. Ce qui freine certains d'entre nous, si ce n'est tous, le dernier rempart, sourire, c'est l'argent.

C'est un fait, si nous pouvions en consacrer plus encore à la bibliophilie, nous achèterions plus de livres, ou des livres plus chers, selon le goût de chacun. 

Cela ne signifie pas que l'argent est central, primordial dans la bibliophilie, bien sûr que non, mais il serait candide de ne pas lui accorder la place qu'il mérite.

Qui dit "argent" dit "prix", et qui dit "prix" soulève une nouvelle fois le débat des prix pratiqués ici et là, sur ebay, en salon, en salle des ventes, chez les libraires.

Il est souvent compliqué pour le bibliophile de s'y retrouver et sans être l'un de ces "chasseurs d'affaire" que vilipendent quelques libraires sur les réseaux sociaux, il est normal que l'amateur essaie de comparer les prix entre les différentes sources d'approvisionnement; tout en gardant à l'esprit qu'il n'est pas simple de comparer deux ouvrages (édition, condition, provenance, envoi, etc.). Mais le bibliophile ne peut à mon sens éviter de le faire, ou rares sont les bibliophiles qui peuvent s'affranchir totalement de cette contrainte. 

Un exemple directement lié au prix, à l'argent? L'Argent justement. L'Argent d'Emile Zola.

Ces derniers jours, je surveillais sur ebay l'exemplaire suivant: l'édition originale, sur Hollande, reliée en demi-maroquin non signé, avec un envoi, que l'on peut qualifier d'un peu frustrant. 

L'exemplaire a été adjugé à 600 euros, il était vendu par un particulier.



Cela me semblait assez peu. Mais peut-être avais-je tort et je me suis demandé quel pouvait être le prix d'exemplaires comparables.

Une recherche rapide sur ebay donnait un autre exemplaire de l'EO de l'Argent vendu également 600 euros par un libraire, cette fois-ci, mais sans envoi, et sur papier courant.

http://www.ebay.fr/itm/EMILE-ZOLA-L-ARGENT-EDITION-ORIGINALE-/360967524494?hash=item540b57508e:g:qLoAAOSwgmJXxeLI


Exemplaire qui paraît donc un peu cher, pour un exemplaire de l'EO sur papier courant, et ce d'autant plus qu'un clic de plus sur ebay proposait l'exemplaire suivant:



Celui-ci est proposé à 220 euros, par un jeune libraire. Certes la reliure n'est pas en demi maroquin, mais elle est signée Champs... et l'exemplaire semble en meilleur état que celui de son collègue - qui est listé sur ebay depuis 3 ans au moins. 

Un autre clic et vous trouviez un 3ème exemplaire sur papier courant, broché celui-ci, pour 60 euros, avec l'option "offre directe", par un professionnel. N'étant pas relié, Il est un peu hors-sujet.

Il reste que pour le bibliophile qui est intéressé par un exemplaire sur papier courant de l'EO, les prix proposés par les libraires français, uniquement sur ebay, peuvent varier du simple au triple. Une bonne question serait de se demander si vous accepteriez de payer votre voiture, votre baguette ou tout autre produit 3 fois plus cher chez un autre marchand de la même "zone commerciale". La réponse est non. Et comme souvent, face à de tels écarts de prix, on hésite, et souvent lorsqu'on hésite, on n'achète pas. 

Après tout s'il y a un écart du simple au triple entre l'exemplaire à 220 euros et celui à 600, peut-être que demain un exemplaire à 220 divisé par 3 apparaîtra sur le marché... Bref, on attend.

On le constate, sur ebay déjà, le bibliophile peut être perdu...

Mais revenons à l'exemplaire sur Hollande, en demi maroquin non signé, avec envoi, vendu 600 euros sur ebay, et essayons de le comparer à d'autres exemplaires sur Hollande.

Une recherche rapide sur livre-rare-books ne donne qu'un seul résultat avec la recherche Zola + L'Argent + Hollande. On arrive sur un livre proposé par une librairie française: 

http://www.livre-rare-book.com/book/5473338/3893?utm_source=vialibri&utm_medium=search&utm_campaign=vialibri



L'exemplaire est sur Hollande, en plein maroquin signé de David, sans envoi. Il est proposé à 1500 euros. Très honnêtement, avant de constater le prix de 600 euros de celui sur ebay, je trouvais ce prix très acceptable.

D'autant plus, et c'est le dernier élément, que si l'on recherche des résultats en salle des ventes on trouvera les quelques références suivantes:

1. Un exemplaire sur Hollande, en demi-maroquin signé de Champs, adjugé 1600 euros chez Alde en 2012



2. Un exemplaire sur Hollande, en demi-maroquin signé de Yseux, adjugé 1000 euros chez Cornette de Saint-Cyr en 2012
3. Un exemplaire sur Hollande, en demi-maroquin signé de Affolter, adjugé 8000 euros chez PBA en 2010
.... Et...
4. l'exemplaire en plein maroquin de David évoqué ci-dessus, proposé 1500 euros par le libraire et adjugé 520 euros chez Ader en juin 2015.



On le voit, il n'est pas aisé pour le bibliophile un peu contraint, ou qui tout simplement fait attention au prix qu'il paie, de s'y retrouver dans toutes ces offres. 

Ce qui est clair, c'est que certains prix proposés par des libraires (je pense aux deux exemplaires "ebay" sur papier courant cités plus haut) sont incohérents entre eux, et que cela ne contribue pas à faire passer le bibliophile consommateur à l'acte. Cela contribue même à le faire hésiter, patienter, et souvent renoncer... 

Il n'y a pas de réponse évidente dans cet article, même si les salles des ventes semblent généralement représenter les prix les plus bas, puisque vous pouviez avoir un exemplaire en plein maroquin sur hollande chez Ader pour 520 euros, plutôt qu'un exemplaire en demi-maroquin sur papier courant sur ebay pour 600 euros, chez un libraire; mais ces disparités montrent bien, truisme (parfois oublié par certains libraires), qu'il est important de comparer et d'être compétitif dans ce qui est devenu un marché ultra-concurrentiel.

C'est ce dernier élément qui m'incite parfois à penser que sur ce marché devenu mondial, déréglementé, avec autant de sources d'approvisionnement diverses (et toutes concurrentielles), et des libraires aux contraintes très différentes, le prix des ouvrages relativement courants i.e. non uniques est irrémédiablement voué à baisser.

H

39 commentaires:

Anonyme a dit…

On doit espérer que le libraire a fait restaurer les mors sur le maroquin de David, ou alors sa fiche livre rare serait moins précise que celle de la SVV, qui annonce une fissure, un comble !...

Anonyme a dit…

Intéressant billet mais il me semble manquer dans cette analyse un élément immatériel : la confiance accordée au vendeur et ses références. Le vendeur Ebay (que je ne connais pas) a peu d'évaluation pour quelqu'un présent depuis longtemps et quand on regarde les objets vendus, il y en a peu à 600 et bien peu de livres ! On paye peu cher mais on fait confiance... Je sais bien qu'on parle régulièrement ici des garanties faibles apportées par les SVV et de quelques problèmes avec des libraires peu scrupuleux mais s'il manque quelques p. au livre vendu à 600 euros je ne suis pas certain qu'il sera facile à l'acheteur de se faire rembourser... Si le livre est complet, tant mieux pour l'acheteur qui aura pris un risque, minime ou pas, à chacun de le peser !

Anonyme a dit…

En l'occurence, le vendeur ebay propose un remboursement sous 14 jours, et si vous le payez avec paypal, vous savez que vous pouvez renvoyer le livre et être remboursé sans problème.
A l'inverse, le libraire, qui est membre du SLAM, ne mentionne pas le petit défaut qui était pourtant signalé par la maison de ventes (dont on critique souvent la probité).
Au final:
1. un vendeur ebay dont on peut se faire rembourser
2. une maison de ventes qui signale un défaut
3. un libraire qui l'oublie.
Cherchez l'erreur.
A mes yeux l'article est surtout intéressant quand il met en évidence la diversité des prix pratiqués sur les exemplaires sur papier courant, chez deux libraires, sur la même plate-forme, 220 contre 600 euros...
Là, c'est à n'y rien comprendre.

Daniel a dit…

En réponse a l'anonyme de 16 h 07 le vendeur ebay de l'enchère a 600 euros est un professionnel mais pas du livre, de la brocante, en conséquence la loi s'applique et il reprendra sous 14 jours l'objet comme dans toute vente par correspondance d'un vendeur professionnel. son numero siret est sur l'annonce et valide "récupération de déchet trié" ça ne s'invente pas ! pas très rassurant pour l'acheteur, espérons qu'ils sont bien triés :)

Daniel B.

Anonyme a dit…

L'exemplaire à 220 a été retiré de la vente. Sans doute un acheteur avisé.

B.

Anonyme a dit…

avec un peu de chance il l'a payé moins de 220

H.

calamar a dit…

un prix acceptable pour ce livre (papier courant) serait donc entre 200 et 400 euros ? (puisqu'apparemment à 600 euros le livre ne trouve pas preneur)
et pour un exemplaire sur Hollande, un prix de 1500 à XX (suivant les autres critères comme la reliure et la provenance) en boutique ?
avec la possibilité de trouver moins cher en suivant les SVV, avec les contraintes et les surcoûts correspondants - le 520 euros chez Alde correspondant à 700 euros avec les frais divers (dont expédition pour les quelques non parisiens)... mais aussi avec le fait de devoir l'acheter avec un planning contraint.

Anonyme a dit…

la provenance est-elle toujours une valeur en vogue?
c'est à dire qu'acheter un livre ayant appartenu à un bibliophile célèbre, puisque vous êtes peu nombreux, change-t-il encore la donne?
A un certain niveau, je pense que oui mais dans le niveau d'inculture générale et de non curiosité qui sévit en ce moment ... il y a des affaires surement et peut être que l'acheteur qui aura su donner une cohérence à son projet de bibliothèque fera-t-il le bonheur de futurs bibliophiles ... mais il faut avoir un peu de réflexion et un projet qui va plus loin que la simple achat-revente-plus-value ....
A.

Anonyme a dit…

Juste à propos de "vous pouviez avoir un exemplaire en plein maroquin sur hollande chez Ader pour 520 euros" :

Non. Par définition, si c'est un autre qui l'a eu à ce prix-là, c'est que je ne pouvais pas l'avoir, moi, à ce prix : il fallait mettre au-dessus. Il me semble que c'est le problème de l'analyse des résultats de SVV.

Hugues a dit…

Remarque assez juste, mais il ne faut pas partir perdant :)
Même si vous mettiez au dessus, il y avait encore de la marge par rapport au premier prix en librairie, c'est à dire 1500 euros.
Mon petit doigt me dit d'ailleurs, et c'est logique, que le libraire ne vous aurait pas suivi au delà de 750 euros... vous gagniez donc encore 750 euros.

Tiephaine G. Szuter a dit…

Ah non cher Hugues, à 750€, il n'y a aucun gain financier s'il n'y a pas de remise sur le "marché" prévue. Et même ainsi, il faudrait encore pouvoir revendre à 1500€ dans un délai raisonnable.
A 750€, tout ce qu'on gagne, c'est une facture de 750€, et la satisfaction d'avoir acquis un ouvrage qu'on convoitait à un prix que l'on estimait satisfaisant. (remplacez "750" par "X" et vous aurez une loi générale)

Hugues a dit…

Cher Tiephaine,
Quand je dis gagner, c'est une image. Je ne considère pas la bibliophilie comme un investissement.
Si vous préférez, vous économisez 750 euros.
Hugues

Anonyme a dit…

On peut dire ce qu'on veux sur les SVV mais de toutes façons si on arrive après la vente, c'est trop tard. (dommage pour le bibliophile, et d'ailleurs aussi dommage pour le vendeur, mais c'est comme ça).
Il y a des hauts (mis en évidence dans la gazette Drouot et sur les supports de communication des SVV et les flops qui sont les invendus (30% en moyenne, prix de réserve trop élevés, bibliophile au golf et pas dans la salle ou en ligne ...) et les ouvrages achetés par les marchands qui servent en quelques sorte de régulateur à la baisse et qui revendent donc avec marge des ouvrages qui - dans les conditions où ils l'on acquis - n'ont pas trouvé preneur chez un bibliophile. Dire que l'on aurait pu acheter à la place du libraire est vrai, mais pas au même prix, comme expliqué plus haut, par anonyme. Ensuite le bibliophile peut avoir des regrets ou accepter que les professionnels dont certains sont présent à toutes les ventes fassent de bons achats et puisse ainsi proposer des ouvrage à la vente en réalisant une bonne marge tout en étant à un prix juste.
Eric

Hugues a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Hugues a dit…

Mon propos n'était pas de critiquer la marge, bien légitime, que pratiquent les libraires mais plutôt de souligner l'embrouillamini auquel nous sommes souvent confrontés en tant que bibliophiles.
Pour moi, les écarts entre les deux libraires sont finalement le point essentiel de mon article.
De telles incohérences interpellent et je le crois sont néfastes.
Hugues

Anonyme a dit…

Oui c'est vrai. C'est certainement encore un certain manque de maturité du marché confronté à l'Internet.
J'espère que cela va progressivement et raisonnablement s'équilibrer . Mais sans certitude ...
Eric

Anonyme a dit…

Je doute fortement que cela s'équilibre. Ces différences de prix ont toujours existé et internet ne fait que mettre une loupe dessus. Reste à savoir quel prix on est prêt à mettre, c'est notre meilleure référence.

un bibliophile

Les Portes Sombres a dit…

La perplexité peut aussi être chez les libraires, quel est le bon prix ? Celui qui permet une rotation rapide ou celui qui valorise son produit?
Et comme je l'ai démontré par l'exemple récemment sur facebook, l'information diffusant rapidement, il suffit d'une seule annonce à "prix cassé" pour déstabiliser le prix d'un ouvrage durablement.

Une chose est sûre la recherche du prix bas est un appétit qui a détruit tous les secteurs d'activité depuis 30ans, ça sera probablement le cas aussi de la vénérable institution de la librairie ancienne. Dans ces conditions seuls subsisteront comme partout ailleurs quelques uns (pas beaucoup) qui pourront maintenir et justifier des prix hauts et quelques grosses structures (pas beaucoup) s'autoaggrégeant pour gérer du stock de livres anciens à prix bas comme le ferait amazone. Le bibliophile en sortira t il gagnant ? Pas certain si on pense sur les longues durées.
Mais j'ai un espoir secret c'est que je ne crois pas que cet appétit soit sans fin...

Gonzalo a dit…

Comme bibliophile, deux règles pour pouvoir acheter sans regret :
1. Systématiquement comparer les prix des exmeplaires disponibles avant l'achat ;
2. Ne plus JAMAIS comparer les prix après... :)

Ca évite d'avoir des regrets ;)

Anonyme a dit…

Je pense que le bibliophile le plus sage finalement est celui qui n'achète pas de livres. Celui-là se contente de les rêver. En même temps il se rêve bibliophile, parfois même libraire. Finalement cela arrange tout le monde.

Anonyme a dit…


Du livre que l'on convoite, on ne voit que les qualités.

De celui que l'on vient d'acheter, on ne voit plus que les défauts.

Ensuite le bon sens reprend le dessus.

René

Anonyme a dit…

@René : j'aime beaucoup le commentaire.

Pour un livre :
Du livre que l'on convoite, on ne voit que les défauts.

Du livre que l'on vient d'acheter, on ne voit plus que les qualités.



@Portes Sombres :

A l'inverse, j'ai eu un livre réellement rare. Pas un exemplaire en vente et sujet intéressant. Je l'ai mis à 400 ou 500 euros je crois, broché. Ensuite, un confrère a eu un exemplaire relié : 700 ou 800 et le Feu Follet a eu un bel exemplaire plein maroquin dédicacé : 1700 ou 1800.

Le prix de l'ouvrage peut parfois se définir avec des petites choses...

Un libraire

Anonyme a dit…

pour un libraire, pas pour un livre dans mon commentaire précédent

Anonyme a dit…

Si le livre était une femme, Le bibliophile serait son Don Juan tout dans la conquête, Le relieur son chirurgien esthétique quoi que plus efficace. J'ai bien peur que libraires et commissaires priseurs en soient les proxénètes...ce qui dans ce cas facilite quand même grandement la conquête du Don Juan, il suffit de payer pour posséder.

gepobe a dit…

bonjour, j'ai déjà lu ceci...Messieurs les anonymes, proposez nous un psedo,
ce serait plus facile pour la lecture. si vous êtes en panne d'inspiration je vous en propose un bon kilo: riri, fifi, loulou, atchoum, ringard, filou, poireau, ribouldingue, Hugues...non, pas Hugues ni gepobe. bonne journée.
gepobe

calamar a dit…

Dans le même ordre d'idée, le libraire qui vendait l'Argent, à 220 euros, vendait aussi la Débâcle, sur Hollande, avec la même reliure, à 880 euros. Cet exemplaire est maintenant proposé par un autre libraire à 1800 euros.

Mildred Montag a dit…

C'est curieux chez les bibliophiles ce besoin de faire le marché.
Vous oubliez une chose essentielle : il n'y a pas un marché mais DES marchés. Vous voyez à travers le prisme qui vous arrange.

J'ai moi-même vendu, bien des fois, à des libraires des ouvrages qu'ils ont mis en vente ensuite 2, 3 plus cher, voire bien plus. J'ai moi-même acheté des livres à des confrères que j'ai vendu 2, 3, 10 fois plus cher. Chacun a sa clientèle, chacun a son marché. Il en est de même pour les salles des ventes, même si on peut penser qu'elles ratissent plus large.
En épluchant les catalogues des libraires, le mien comme les autres, vous pourrez trouver plein d'exemples : ah il a payé ce livre 1000, il le met à 3000. Ah il a payé ce livre 50 et il le met à 200. etc, etc...

Cette manière de faire finit par jeter un discrédit sur notre profession. Ce que vous avez du mal à comprendre c'est qu'un vrai libraire travaille de concert avec des bibliophiles. Il y a un confiance réciproque, une fidélité réciproque, plus que vous ne pourriez le croire. Toute le monde ne passe pas des heures à chercher le livre 50 euros moins cher car ils ont des choses plus rentables à faire et qu'il admettent qu'un libraire fasse une marge. Un libraire n'est pas un courtier (enfin la plupart).


Mildred Montag

Hugues a dit…

Je n'ai jamais rien dit d'autre, relisez moi mieux. Mais c'est vrai qu'il doit être pénible de passer d'une époque bénie où les libraires faisaient le marché à une époque où l'équilibre est mieux réparti entre acheteurs et vendeurs.
On sent votre amour du... client et surtout votre attachement à cette vérité que vous voulez continuer à défendre dans le déni.
Il serait dans doute plus arrangeant d'avoir des bibliophiles qui n'ouvrent que leur portefeuille. Qu'ils ouvrent la bouche, c'est encombrant.
Hugues

Mildred Montag a dit…

Pour info, ma première phrase était surtout ironique.

Les marchés se créent autant par les libraires que par les bibliophiles. Ce que je reproche à ce type d'article et à certains commentaires, c'est le ressentiment que cela crée vis à vis des libraires. Vous vivez votre bibliophilie très différemment de la plupart de mes clients.
Votre réflexion sur mon amour du portefeuille montre surtout votre attirance pour le votre. Mon métier est le négoce de livres, les clients sont importants c'est un fait. Et si certains sont prêts à payer plus cher chez moi, c'est que c'est justifié pour diverses raisons. Quand je suis trop cher à leur goût certains me le font savoir (parfois à tort, parfois à raison). Si je fais ce métier ce n'est assurément pas pour l'argent. Si certains libraires vivent bien aujourd'hui, peu sont riches et peu de nouveaux libraires le seront. Ce n'est d'ailleurs pas mon objectif...

Les bibliophiles peuvent parler, je m'en fous. Mais quand ça a tendance à jeter un discrédit sur notre métier, je ne m'en fous pas.

Le métier de libraire change, beaucoup vont encore fermer, peut être moi aussi. Bientôt vous irez cracher sur nos tombes mais vous finirez par nous regretter.

Hugues a dit…

Vous êtes diablement sur la défensive.
1. Ce blog est gratuit, il me coûte du temps, de l'énergie, et de l'argent. Vous reconnaîtrez que mon portefeuille ne peut que s'en porter plus mal.
2. J'achète 50% de mes ouvrages chez les libraires, cela ne m'empêche pas de conserver une certaine lucidité. (Qui vous gêne)
3. Sur le blog je donne autant qu'ils le souhaitent la parole aux libraires, via des portraits, des sujets, des mises en avant. Vous semblez l'avoir oublié.
4. La différence entre vous et moi n'est finalement pas que je sois acheteur et vous commerçant, elle réside surtout dans le fait que moi je n'utilise pas un pseudo pour m'exprimer.
N'assumeriez-vous que partiellement vos paroles?
N'hésitez pas à nous donner l'adresse de votre librairie.
Hugues

Anonyme a dit…

+1

B.

Mildred Montag a dit…

Comment voulez-vous que je ne sois pas sur la défensive ? Vous faites des procès d'intention aux libraires.

1. Certes le blog est gratuit et un blog prend du temps. Je ne dirai pas le contraire, d'autant que les articles sont parfois particulièrement intéressants. Pour votre portefeuille je ne m'en fais pas...

2. C'est fort possible. Votre lucidité n'est pas le problème, c'est la manière de de pointer les prix d'achat. Un libraire est un commerçant, un libraire se doit d'avoir une marge. Cette manière récurrente de présenter ça sur votre blog, comme si c'était un péché, un crime de lèse-bibliophile, est un peu lassante à force. Un bon libraire travaille AVEC les bibliophiles et non CONTRE. Le travail du libraire est, notamment, d'acheter au meilleur prix pour pouvoir proposer à ses clients au meilleur prix aussi. Et par meilleur prix, je n'entends pas le prix le plus élevé mais le prix le plus justifié. Mes clients ne peuvent pas tous enchérir en live depuis leur lieu de travail...

3. Je ne l'ai pas oublié non plus. Vous avez un grand pouvoir de nuisance avec ce blog, vous le savez et vous vous en servez très bien.

4. Oui, je suis anonyme et je compte le rester. J'assume parfaitement mes écrits. La différence entre vous et moi réside surtout que je ne travaille pas pour faire de l'argent. Jamais je ne dirai : "Moi, je travaille pour gagner de l'argent." (Hugues Ouvrard dans le texte, gameblog, article du 25 novembre 2016). J'en ai besoin, comme tout le monde, mais je ne travaille pas pour ça. Vous reportez votre vision du travail sur les libraires. Certains travaillent peut-être aussi pour l'argent, mais c'est vous tromper que de prendre cela pour une généralité.

Hugues a dit…

Rires.

C'est toujours plus facile quand on est lâchement planqué derrière son ordinateur et son anonymat de pointer les autres.

Il fût une époque cela se serait réglé au petit matin sur un pré, mais votre lâcheté ne vous y probablement pas plus conduit.

En effet, je travaille pour gagner de l'argent, je n'ai pas la chance d'avoir hérité d'un pécule qui me permettrait à la fois d'acheter des livres aux libraires et de nourrir ma famille, donc oui je travaille pour gagner de l'argent. Et je n'en ai pas honte. Du reste, je vous remercie de citer mon prénom et mon nom, vous ne pouvez en dire autant.

Le problème, c'est que vous savez pas très bien lire: j'ai en effet dit que je travaillais pour gagner de l'argent (et pour pouvoir le dépenser), et non que je travaille pour l'argent.

La nuance a son sens, mais elle passe sans doute au dessus d'un commerçant comme vous, qui ne travaille pas pour gagner de l'argent... D'ailleurs, je me demande pourquoi vous êtes si susceptible quand je parle de vos marges, cela devrait vous laisser de marbre, vous le négociant / commerçant qui ne travaillez pas pour gagner de l'argent.

Et non, vous n'assumez pas vos écrits, votre anonymat en témoigne.

Sur reste, vous vous noyez mon cher, vous dites tout et son contraire.

Votre monde idéal est celui où:

1. un "libraire" ne travaille pas pour gagner de l'argent,
2. où les bibliophiles eux gagnent de l'argent pour venir le dépenser chez vous sans se soucier du reste (là, curieusement, le bibliophile qui travaille pour gagner de l'argent vous dérange moins), là finalement, l'argent, leur argent vous intéresse.
3. ou surtout le bibliophile se tait.

Raté on dirait.

Et je vous laisse vous interroger sur ce que vous apportez au monde au livre: vous vendez des livres mon cher. C'est pas mal, mais c'est tout, revenez sur terre.

A moins que vous n'ayez vous même votre blog.........................

Hugues

Anonyme a dit…

Dites donc Mr le libraire, cela vous dérange tant que cela que les bibliophiles aient la parole?
Moi aussi j'aimerais beaucoup avoir l'adresse du libraire qui ne travaille pas pour gagner de l'argent mais qui fait attention à ce que ses marges ne s'ébruitent pas.
Le truc, c'est que je n'arrive pas à savoir si je pourrais faire des affaires chez vous! :p
Votre anonymat vous décrédibilise totalement, Hugues a raison
JM

philippek a dit…

A l'attention de Milfred Montag: je n'ai pas l'habitude d'intervenir dans ce genre de situation mais sincèrement je ne peux pas comprendre que vous écriviez:
" Vous avez un grand pouvoir de nuisance avec ce blog, vous le savez et vous vous en servez très bien."
Je ne vois pas comment vous pouvez pensez cela et encore moins comment vous pourriez argumenter sérieusement, avec des faits précis, cette accusation.
Cordialement
Philippe K.

Philippem a dit…

"Lanceur d'alerte" serait plus approprié que "pouvoir de nuisance" ... Je trouve légitimes les questions soulevées par Hugues et salutaire le débat et les échanges constructifs qu'elles génèrent...

Anonyme a dit…

Warf, Mildred, le mec qui prend un pseudo de personnage féminin de Farenheit 451, mais qui se comporte comme tout ce que Bradbury condamne!
Il fait des recherches internet sur les gens, balance, mais lui ne donne pas son identité.
Ca m'a fait bien rigoler!

Anonyme a dit…

Je suis pour la paix des ménages mais, SVP, personne n'embête mon cher H., qui prend de son temps pour faire vivre avec passion, honnêteté et rigueur notre cher Blog ! (et je me fous royalement de sa fiche de paie par ailleurs, même si elle est à cinq chiffres, ce que je lui souhaite d'ailleurs)

D'autre part, cher Mildred Montag, vos assertions me semblent un poil agressives... Et vous surestimez, ce me semble, le pouvoir de "nuisance" du maître de céans et de ce Blog. Il se trouve que c'est le pouvoir de nuisance de la sincérité et d'une certaine justesse (avec l'aide d'avisés contributeurs ;-)...
Si vous faites partie de ceux qui pensent qu'un article ici peut faire du mal - ou qu'un Ebayana peut vraiment faire grimper un prix au-delà de 10%, alors...

Pour le reste, certains sous-marins ont pu m'échapper, mais fi !

Avant que nous atteignions le point Goodwin donc, j'espère que nous resterons en bons termes, cher ami bibliophile - parce que, ici, c'est le plus important non ?

B.

Anonyme a dit…

1800 € la débâcle de Zola !!! ; même sur Hollande c’est excessivement cher…… trop cher.



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